L’assurance multirisque habitation : que quoi vous protège-t-elle réellement ?

assurance multirisque habitation

Saviez-vous que 28 % des dossiers traités par le médiateur des assurances concernent des litiges d’assurance habitation ? Un chiffre qui en dit long sur la méconnaissance des Français en matière de contrat d’assurance multirisque habitation. Pour éviter les déceptions et les ennuis en cas de sinistre, faisons le point sur ce contrat pour savoir ce que l’on est en droit d’en attendre, et sous quelles conditions.

Ce qu’une assurance multirisque habitation vous garantit

Le but d’une assurance multirisque habitation, ou assurance MRH, est de vous protéger contre les risques qui pourraient infliger de sérieux dégâts à votre habitat : catastrophe naturelle, dégât des eaux, incendie… La loi n’impose pas cette assurance, mais elle prévoit des garanties de base obligatoires. Lors d’une souscription, il est important de bien comprendre la différence entre une couverture minimum de vos risques et l’étendue de garanties complémentaires ou facultatives.
Les garanties de bases
Elles concernent les garanties de votre assurance multirisque habitation prévues par la loi, ou présentes sur la plupart des contrats. Elles vous couvrent notamment en cas :

  • d’incendie (qu’il soit provoqué par la foudre, une explosion comme celle d’un téléviseur à tube cathodique ou une implosion) ;
  • de catastrophe naturelle (inondations, coulées de boue, tempêtes, sécheresse…) ;
  • de dégât des eaux (causés par les fuites, les ruptures de canalisations, les débordements et les infiltrations à travers le toit ou les plafonds) ;
  • de choc de votre habitation avec un véhicule ou un animal.

 Les garanties complémentaires

assurance autoImaginez que votre voisin du dessus laisse déborder sa baignoire et que vous vous retrouviez les pieds dans l’eau. Le temps d’éponger et d’assécher les lieux, vous voilà obligés d’aller dormir à l’hôtel ! C’est là qu’une garantie complémentaire de votre assurance multirisque habitation peut intervenir. Elle complète la garantie de base pour prendre en charge le sinistre et ses conséquences dans son ensemble. Un dégât des eaux peut entraîner non seulement un besoin de logement temporaire mais aussi l’obligation de stocker ses meubles, d’effectuer des réparations d’urgence ou encore d’évacuer des déchets.

 

Les garanties facultatives

Les assureurs assortissent leurs contrats d’autres garanties comme celles destinés çà vous indemniser en cas de vol, vandalisme, bris de glace… Ces garanties bien que non-obligatoires sont fortement conseillées et au menu de la plupart des contrats.

À savoir : la plupart des contrats de MRH (ou assurance multirisque habitation) prévoit une garantie responsabilité civile. Vous êtes assurés ainsi contre les préjudices que vous-mêmes ou les membres de votre famille pourriez faire endurer à un tiers. Les garanties recours des voisins et des tiers sont aussi automatiquement inclues à la plupart des contrats.

Ce qu’une MAH ne couvre pas et pourquoi

Selon les besoins de son habitation et le niveau de couverture souhaité, il est donc chaudement recommandé de bien éplucher les lignes de son contrat avant de signer. Les litiges en cas de sinistre proviennent souvent d’une mauvaise compréhension des clauses, d’une absence de garantie ou d’un manque d’information de l’assuré. Pour éviter que cela n’arrive, sachez être vigilant sur certains points.

Les cas d’exclusion

Cela semble enfantin, pourtant trop nombreux sont ceux qui oublient que les clauses d’un contrat  d’assurance multirisque habitation ne s’appliquent pas systématiquement. Or, chaque assureur a la possibilité d’apporter les exclusions de son choix ; à charge pour chacun donc, d’y être particulièrement attentif. Citons quelques cas exclusions courantes :

  • La négligence ou le non-respect des équipements pour la garantie incendie : vous êtes tenu par la loi d’équiper votre logement aujourd’hui d’un détecteur de fumée en bon fonctionnement.
  • Le non-respect de certaines précautions en cas de vol : vous n’avez pas enclenché l’alarme, ou vous vous êtes absenté plus de 60 jours sans prévenir l’assurance. Certaines exclusions jouent parfois pour d’autres raisons : le coupable du vol est de votre famille ou les faits se produisent à l’extérieur, dans un jardin ou un cabanon.
  • Le manque d’entretien de vos équipements. N’oubliez pas que les réparations courantes d’un logement vous incombent en tant que locataire. Une réparation non effectuée peut vous valoir un dégât des eaux non couvert. Votre assurance multirisque habitation ne prendra pas en compte non plus un sinistre provoqué par un compteur d’eau non protégé contre le gel.

La responsabilité du propriétaire

Votre assurance multirisque habitation peut refuser de prendre en charge des dommages occasionnés par un logement qui ne respecterait pas les normes en vigueur. Des canalisations qui éclatent l’hiver, alors qu’elles n’étaient pas enterrées, en sont un exemple classique. En cas de vice de construction dans le logement en location, c’est l’assurance du propriétaire qui est chargée d’indemniser le locataire. Les propriétaires doivent veiller à souscrire cette couverture, dite « assurance non-occupant » pour prévenir ce type de risque.

La vétusté

En cas de sinistre, certains assureurs prévoient d’indemniser la perte ou la dégradation de vos biens au prix du neuf, quand certains autres appliqueront un quotient de vétusté. C’est une condition à laquelle il convient d’être très vigilant. Car, si vous possédez des biens de valeur que l’assureur estime assez anciens pour leur appliquer un taux de vétusté de 75 %, vous serez grand perdant en cas de sinistre ! Faire jouer la concurrence pour signer une assurance multirisque habitation est conseillé dans votre cas, et il est même possible de négocier certaines garanties.

En prenant le temps de bien examiner chaque garantie et ses causes d’exclusion, il est possible de trouver le contrat de MRH qui convienne à chacun. Pour éviter les mauvaises surprises, il est important de veiller cependant au bon entretien de son logement et de souscrire aux bonnes garanties. N’hésitez pas à solliciter votre assureur pour vous conseiller.