Tristesse et dépression : les 5 différences à connaître

Une grande partie du langage psychologique est devenue populaire, mais cela ne s’est pas toujours fait de manière précise, ni en tirant les équivalences appropriées. L’un des exemples classiques est la difficulté qu’éprouvent de nombreuses personnes à faire la différence entre la tristesse et la dépression. L’inclusion du mot dépression dans le langage populaire laisse parfois place à la confusion et même au mépris de ce trouble. Au fil du temps, un certain rejet de certaines humeurs s’est également formé, y compris la tristesse. C’est pourquoi certaines personnes trouvent plus facile de dire qu’elles sont déprimées que d’avouer qu’elles se sentent tristes. La première définition semble plus technique ; la seconde est plus associée à la fragilité humaine. La vérité, cependant, est qu’il existe d’énormes différences entre la tristesse et la dépression. La première, et aussi la plus importante, est que la tristesse est un état d’esprit, tandis que la dépression est un trouble et, en tant que tel, doit être traitée. C’est pourquoi il est important de bien différencier ces concepts.

La dépression, qu’est-ce que c’est ?

C’est au XVIIIe siècle que la dépression a été identifiée. Ce trouble de l’humeur fait partie des plus répandus et on estime qu’il touche plus de trois millions de personnes en France. Parmi les symptômes les plus fréquents, on retrouve une tristesse significative associée à des idées noires et à une perte d’intérêts pour les activités quotidiennes. La personne dépressive peut aussi ressentir une baisse d’énergie, des difficultés de concentration, une perte d’appétit ainsi qu’une baisse de la libido. Le sommeil est également souvent affecté. Insomnie, réveils précoces… bien que fatiguée, la personne déprimée ne parvient plus à récupérer. Toutefois, de nombreux spécialistes s’accordent pour dire qu’il n’existe pas une, mais plusieurs formes de dépression. On peut ainsi distinguer la dépression anxieuse, qui se manifeste par un stress et des angoisses importantes, et la dépression saisonnière qui survient généralement durant la saison hivernale en raison, notamment, du manque de luminosité. La dépression masquée se traduit, quant à elle, par une somatisation importante.

Différences entre la tristesse et la dépression

1. Durée

La durée des phénomènes psychologiques n’est pas un chiffre exact. Néanmoins, il s’agit d’une donnée qui, avec d’autres, permet une approximation plus précise de ce qui arrive à la personne. Par définition, une émotion est de courte durée.

L’une des grandes différences entre la tristesse et la dépression est que la première est une émotion passagère, tandis que la seconde est relativement chronique en l’absence d’une intervention appropriée. Une personne doit éprouver de la tristesse pendant six mois sans interruption afin que, selon les critères de diagnostic, on puisse suspecter une dépression.

2. Abulie

L’abulie est une difficulté ou une résistance à l’action. Lorsqu’une personne est triste, elle se sent moins motivée pour faire certaines activités. Elle réduit leur vie sociale ou leur permet de consacrer moins de temps au travail ou à d’autres activités qu’ils avaient l’habitude de faire. Toutefois, il continue à être actif. Une personne déprimée, au contraire, est accablée par ce découragement. Il néglige ses engagements, ses devoirs et n’est pas en mesure d’exploiter les ressources offertes par l’environnement. Il parle souvent de sa fatigue ou de son épuisement et réduit ses activités au minimum pendant une période relativement longue. En conséquence, la dépression en termes cliniques présente un tableau très similaire à celui d’un trouble anxieux.

3. Degré d’isolation

Une autre différence entre la tristesse et la dépression se reflète dans le degré d’isolement qui se produit dans chacun de ces états. Il est courant pour une personne triste de chercher des personnes proches pour parler de ses sentiments. Ils essaient aussi souvent de se faire consoler par les autres, même s’ils maintiennent un certain degré d’isolement social. En ce sens, elle dépendra de la personnalité et des stratégies avec lesquelles elle traitera cette situation. Dans la dépression, au contraire, un refus constant de contact avec les autres commence à apparaître. La personne déprimée garde ses sentiments pour elle et, bien qu’elle ne se sente pas bien seule, elle préfère l’isolement à l’obligation de partager ses sentiments avec d’autres personnes. Progressivement, ils s’isolent même de leurs proches.

4. Niveau de fonctionnalité

Un facteur qui marque une grande différence entre la tristesse et la dépression est le niveau de fonctionnalité. Dans le cas d’une personne triste, son état d’esprit ne modifie que légèrement son mode de vie habituel. Elle est peut-être moins dynamique ou plus réservée, mais elle fait toutes les activités qu’elle ferait un jour normal. En revanche, lorsqu’une personne souffre de dépression, sa routine habituelle est modifiée. Il est très compliqué pour elle de remplir ses devoirs et engagements professionnels, familiaux, sociaux, émotionnels, etc. Il est habituel qu’ils se retrouvent à inventer ou à créer des excuses pour masquer leur manque d’engagement ou leur échec. Il ne peut pas s’en tenir à une routine normale.

5. Désespoir

Une personne peut être triste pour diverses raisons, presque toujours associées à une perte ou à une situation conflictuelle qu’elle ne peut pas résoudre. Malgré la douleur, ils sont aussi capables de rire, de regarder en avant et de faire des projets. Il ne trouve peut-être pas de réponses, mais il pense qu’il y a un avenir qui pourrait être meilleur. Dans le cas de la personne déprimée, le désespoir survient. Lorsqu’il se tourne vers le lendemain, il ne voit que des ténèbres et de la morosité. Il n’a ni intérêt, ni désir, ni capacité de se projeter dans l’avenir. Comment le pourrait-elle si vivre dans le présent est déjà si épuisant pour elle ? Il y a donc d’énormes différences entre la tristesse et la dépression. Ce dernier doit être suivi et traité par un professionnel de la santé mentale, car il s’agit d’un trouble qui ne passe pas tout seul et qui nécessite donc une intervention spécialisée.

La tristesse, une émotion qui n’est pas anormale

Un chagrin d’amour, le décès d’un proche, la perte d’un emploi. Toutes ces situations ont un point commun : elles provoquent de la tristesse. La tristesse est une émotion normale chez l’homme : elle contribue à l’ajustement de la personne avec son environnement et participe à l’équilibre de l’humeur. Le sentiment de tristesse peut se manifester sous différentes formes : une humeur maussade, des pleurs incontrôlables, un repli sur soi, une perte d’appétit, une perte de poids. La tristesse peut durer quelques heures comme s’étaler sur plusieurs jours : ce n’est pas anormal, c’est humain.

Tristesse persistante : comment éviter la dépression ?

Vous vous sentez triste sans raison apparente et vous craignez de faire une dépression ? Lorsqu’on est envahi par une tristesse persistante pendant plusieurs semaines, il est important de faire un travail sur soi. En effet, si la dépression est bien différente d’un simple coup de blues, la mélancolie reste l’un des premiers symptômes de ce trouble de l’humeur. Lorsque l’émotion est trop présente, il est donc essentiel de trouver des antidotes. La psychologie positive est par exemple idéale pour retrouver l’enthousiasme, tandis que la méditation ou la sophrologie permettent de lutter contre les ruminations mentales. C’est à chacun de choisir ce qui lui fait du bien.